La chapelle Saint-Étienne d’Issensac est située sur l’itinéraire d’un chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle dans la continuité du pont médiéval d’Issensac qui enjambe l’Hérault. Aujourd’hui, elle apparaît comme isolée, mais elle appartenait autrefois à un ensemble castral plus vaste qui contrôlait le passage de la rivière.



La première mention de la Chapelle date de 1080 sous le vocable d’Exalchiato. Alors église paroissiale d’une bourgade médiévale qui l’entourait et dont on voit encore les ruines aujourd’hui. La bourgade était composé d’un prieuré et d’une bâtisse qui aurait servi de lieu d’accueil pour les pèlerins.
L’implantation de cette ancienne église paroissiale au cœur de ce dispositif défensif n’était pas fortuite : elle remplissait une fonction à la fois spirituelle et symbolique, accompagnant la vie d’une dizaine de mas alentour.
Cet ensemble est incendié par les protestants au début du XVIIIe siècle. À la suite de ses événements, les habitants du bourg ont fui vers d’autres communes et laissés les édifices à l’abandon.
Par la suite, elle est classé Monument Historique le 20 septembre 1945.
De toutes ces constructions ne subsistent qu’une ou deux salles voûtées au milieu des ruines dont la chapelle du XIe siècle ayant subi l’influence de l’école romane provençale, avec ses pilastres et ses arcs de décharge entre les contreforts intérieurs. Sa nef comprend deux travées formant en plan, un angle du côté nord.
Le choeur est sur plan trapézoïdal et se raccorde à l’abside voûtée en cul de four. L’arc triomphal est porté par deux colonnes avec chapiteaux à décor géométrique. Autour de l’abside et du choeur, on retrouve des arcatures sur colonnettes avec chapiteaux. Le mur sud quant à lui est percé d’une porte dont le seuil est plus haut que celui de la chapelle. Elle devait donner accès aux bâtiments juxtaposés.
Quelques particularités architecturales




La reconstruction de la toiture
La voûte en berceau actuelle est plus récente, sans doute rebâtie à la suite des mouvements ayant entraîné la construction des contreforts. On peut apercevoir la signature de l’artisan ou bien du mécène sur une pierre à l’intérieur.
On aperçoit également la reprise des arases avec un appareillage de fortune en moellons.
La facade occidentale
À l’ouest, la chapelle présente une haute façade surmontée d’un clocher-mur à deux baies dont les piédroits sont ornés d’impostes.
Ce clocher-mur a la particularité d’être légèrement décentré, de plus les pans coupés de la façade sont couverts de lauzes et non de tuiles comme le reste de l’édifice.
L’entrée se fait par un portail cintré à quadruple voussure dont la deuxième en forme d’arc torique.
Au-dessus de ce portail, la façade est percée d’une petite fenêtre à double ébrasement au jour très étroit.
La travée de choeur
Le chevet est précédé d’une courte travée de chœur.
Cette travée, soutenue par deux puissants contreforts, est percée d’une fenêtre cintrée à double ébrasement , surmontée d’arcades lombardes.
La travée de chœur, légèrement plus haute que l’abside, est adossée au pignon oriental de la nef, percé d’un oculus.

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