Le Castellas de Montoulieu est situé sur une colline à 311 m d’altitude. Il domine la vallée de l’Alzon, un affluent de l’Hérault.
Il est mentionné pour la première fois en 1156 sous le nom « Castrum de Montelivo ».


Appartenant à un réseau castral mis en place par les seigneurs de Bermond de Sauve, il est stratégiquement positionné le long d’une frontière spirituelle entre les diocèses de Nîmes et de Maguelone. Il devient à la fin du XIIIème siècle une dépendance du maillage royal de Sauve.
Il est organisé autour de deux éléments principaux :
Le logis seigneurial, coeur du castrum établi sur le point culminant était composé de la tour maîtresse (encore visible de nos jours) de base rectangulaire et de murs d’1m50 d’épaisseur. On constate une construction en appareil soigné en pierre de taille et une arche en plein cintre à l’entrée.
Une série de salles adossées à une première enceinte définissait l’espace des logis seigneuriaux.
Ensuite, au contact de l’enceinte seigneurial s’est développé le bourg castral au sein d’une enceinte fortifiée encore visible sur le front ouest. Cette enceinte a sûrement était construite dans la précipitation afin d’accueillir une première vague de famille.
Ce bourg était donc évidemment composé de quelques maisons de plan rectangulaire organisées à proximité d’une charmante chapelle. On peut estimer une population d’une dizaine de famille à son paroxysme, soit environ 100 personnes.
L’état actuel de ruine du Castellas de Montoulieu est le résultats de deux grandes étapes historiques distinctes.
La première vient surement d’un abandon à la fin du Moyen-Âge, effectivement le castrum n’a jamais réussi à s’imposer comme un centre névralgique de la région. Le village s’est spontanément agrégé autour du château. De plus, on note un mode d’habitat dispersé (villae et manses) dans cette vallée. La concentration induite par une présence castrale a donc échoué.
Il a donc essentiellement servi de base militaire et de grenier à grain dès cette époque.
À partir du XVIIème siècle, le château a servi de base pour les Protestants. Dès 1626, le cardinal de Richelieu a ordonné son démantèlement pour empêcher tout nouvel usage militaire. On note alors la disparitions des tourelles
Par la suite, en 1704, le château est incendié par les troupes royales car il aurait abrités des Camisards. Cette datte marque alors son dernier usage.
Depuis la ruine a été soumise aux intempéries et à la végétation.
État actuel de l’édifice




On le redécouvre alors à la fin du XXème – début du XXIème siècle notamment grâce aux études menées par Vivien Vassal et tant d’autres bénévoles.
S’en suit alors des projets de sécurisation dès 2009 afin de préserver les vestiges encore debout et de pouvoir aménager un sentier de randonnée.
Il est aujourd’hui un site accessible à la visite avec précaution le long d’un sentier d’interprétation qui permet de l’admirer en toute sécurité.
Le château, autrefois témoin des luttes féodales et religieuses, est donc devenu un lieu de mémoire et de tourisme valorisant le patrimoine médiéval du piémont Cévenol.

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